Résumé exécutif
Analyser un GPX avant un trail, c’est passer d’un fichier “trace” à un plan d’action : comprendre la difficulté réelle (pentes, segments, transitions), repérer les zones à risque (descentes, passages exposés), et préparer la stratégie (pacing, nutrition, matériel, logistique).
Un GPX ne “contient” pas votre dénivelé comme une vérité : il contient des points GPS (et parfois une altitude), et les plateformes recalculent souvent le dénivelé avec lissage/seuils. citeturn0search1
Mon workflow le plus efficace : vérifier la trace → recalculer un profil altimétrique fiable (MNT/DEM pertinent) → segmenter → mesurer la distribution des pentes + “proxies” de terrain (rugosité, surface, sinuosité) → convertir en décisions (marges, nutrition, équipements, plan B).
Pourquoi analyser un GPX avant une course
J’analyse un GPX avant un trail pour trois raisons simples : performance (éviter l’erreur de pacing), sécurité (identifier les passages à risque / anticiper la nuit et la météo), et logistique (ravitos, matériel, assistance, gestion des temps de passage).
L’investissement est faible, et le retour est énorme : une descente technique, un faux-plat interminable, ou une montée “en escaliers” changent beaucoup plus le résultat qu’un chiffre de pente moyenne. C’est précisément ce que la segmentation fait apparaître.
Ce qu’un GPX contient vraiment
Un fichier GPX est un format XML ouvert pour échanger des données GPS. Selon la spécification, un GPX contient typiquement un en-tête de métadonnées,
puis des <wpt> (waypoints), <rte> (routes) et <trk> (tracks),
avec la possibilité d’ajouter des champs via des <extensions>. citeturn0search0turn4search19
En pratique, on trouve deux familles : une “trace enregistrée” (track) avec points + temps (utile pour analyser vitesse), et un “itinéraire planifié” (route) sans timestamps (utile pour navigation, moins pour analyse d’allure). La structure track/route/waypoints est aussi décrite dans la documentation d’entity["organization","OsmAnd","offline navigation app"]. citeturn0search12
| Élément | À quoi ça sert | Ce que je peux en déduire | Ce que je ne peux pas en déduire |
|---|---|---|---|
<metadata> |
Nom, auteur, liens, date (selon fichier) | Contexte / provenance | Dénivelé “officiel” (ce n’est pas une valeur native) |
<trk>, <trkseg> |
Trace(s) + segmentation interne | Chemin parcouru / géométrie | Surface/technicité (sauf si extensions spécifiques) |
<trkpt lat="" lon=""> |
Points GPS (WGS84) | Distance (si je calcule), direction, sinuosité | “Distance officielle” sans tenir compte du bruit GPS |
<ele> |
Altitude au point | Profil altimétrique (avec précaution) | D+ fiable sans lissage/correction |
<time> |
Timestamp du point (si enregistré) | Vitesse/rythme/arrêts (si trace réelle) | Temps si itinéraire planifié sans temps |
<extensions> |
Champs supplémentaires (capteurs, etc.) | Éventuellement FC/cadence (selon appareil) | Standard universel : dépend du “vendor” |
Côté géodésie : le driver GPX de GDAL rappelle que les coordonnées GPX sont en WGS84 (EPSG:4326). citeturn1search5
Les informations importantes à extraire
Pente : instantanée vs moyenne
La pente, c’est une relation locale : pente (%) = 100 × Δh / Δd (Δd = distance horizontale sur un petit intervalle). Deux pièges : la pente moyenne masque les “murs”, et la pente instantanée est très sensible au bruit (altitude + GPS).
Formules : pente et pente “fenêtrée” (recommandée)
pente_%(i) = 100 * (ele[i] - ele[i-1]) / dist_horiz[i-1 -> i]
# Pour limiter le bruit, je calcule souvent sur une fenêtre (ex. 50 à 200 m)
pente_%_fenetre = 100 * (ele[j] - ele[i]) / dist_horiz[i -> j]
# avec dist_horiz[i -> j] ≈ 50–200 m (à choisir selon densité et terrain)
Pour calculer des pentes depuis un MNT (DEM), l’outil “pente” est documenté dans la formation entity["organization","QGIS","open source gis project"] (FR). citeturn5search14
Pour un flux en ligne de commande, gdaldem slope sort des pentes en degrés ou en % et gère un facteur d’échelle si les unités horizontales/verticales diffèrent. citeturn1search2
Segmentation : rendre le parcours “décidable”
Mon objectif de segmentation est pragmatique : chaque segment doit être homogène (pente + terrain + courbure) et correspondre à une décision (je cours / je marche / je temporise / je m’alimente / je sécurise).
| Dimension | Seuils pratiques | Pourquoi | Remarque |
|---|---|---|---|
| Pente (%) | < -10 ; -10 à -5 ; -5 à +5 ; +5 à +12 ; > +12 | Pacing différent par zone | À ajuster selon terrain/niveau |
| Longueur de segment | 200 m à 1 km (souvent) | Assez long pour lisser le bruit, assez court pour décider | En montagne, segments plus longs peuvent être OK |
| Virages / sinuosité | “Virages/km” ou “angle tourné/km” | Proxies de freinages/relances | Requiert calcul géométrique sur la trace |
| Points clés | Ravitos, barrières, passages exposés | Décisions logistiques/sécurité | Plus important que “segmenter pour segmenter” |
Proxies “terrain” : ce que je peux estimer sans reconnaissance
Un GPX ne contient pas la surface du sentier. J’utilise donc des “proxies” et je les combine : rugosité (depuis DEM), surface/sentier (depuis OSM), distribution de pentes (depuis GPX), sinuosité (depuis la polyline).
Rugosité (DEM)
Le Terrain Ruggedness Index (TRI) proposé par Riley et al. est une mesure quantitative d’hétérogénéité topographique. Il aide à repérer des zones “cassantes” à l’échelle du DEM (attention : cela ne “voit” pas les racines). citeturn2search3
Surface et type de voie (OSM)
Si je “mappe” la trace sur entity["organization","OpenStreetMap","open map project"], je peux exploiter des tags comme surface=* pour qualifier le revêtement. citeturn5search3turn5search0
Le tag highway=path aide à identifier des sentiers génériques. citeturn5search4
“Technicité” estimée depuis le GPX
Certains outils déclarent estimer la technicité à partir de signaux dérivés du GPX (micro-variations d’altitude, sinuosité, variance de pente). Altitracks l’indique dans son centre de support. Les détails mathématiques (formule exacte, calibration, incertitudes) : non spécifié. citeturn4search2
Profil altimétrique recalculé (IGN)
Pour fiabiliser une altitude, je peux recalculer un profil altimétrique via le service de calcul altimétrique de l’entity["organization","Institut national de l'information géographique et forestière","french mapping agency"] (altitude de points et profil le long d’une courbe, via API REST). citeturn5search2turn5search19
Comment “extraire” ces métriques depuis un GPX + MNT
Il y a deux approches : (1) “tout Python” (lecture GPX + calculs), (2) “outillage SIG” (conversion via GDAL, analyse raster via QGIS/GDAL).
Exemple court : parsing GPX en Python (gpxpy) pour distance et D+
# Exemple court (pédagogique), basé sur gpxpy
# Objectif : distance 2D et D+ avec un seuil simple
import gpxpy
def haversine_m(lat1, lon1, lat2, lon2):
# ... (implémentation standard) ...
return dist_m
def analyse_gpx(path, seuil_gain_m=2.0):
with open(path, "r", encoding="utf-8") as f:
gpx = gpxpy.parse(f)
dist_m = 0.0
dplus_m = 0.0
prev = None
for trk in gpx.tracks:
for seg in trk.segments:
for pt in seg.points:
if prev is not None:
dist_m += haversine_m(prev.latitude, prev.longitude, pt.latitude, pt.longitude)
if pt.elevation is not None and prev.elevation is not None:
dh = pt.elevation - prev.elevation
if dh >= seuil_gain_m: # seuil anti-bruit
dplus_m += dh
prev = pt
return dist_m/1000.0, dplus_m
# print(analyse_gpx("trace.gpx"))
gpxpy est présenté comme une bibliothèque Python simple pour parser/manipuler des fichiers GPX. citeturn1search0 Sur les plateformes, le D+ peut être recalculé après lissage et seuils ; donc mon seuil “2 m” ci-dessus est un choix, pas une norme universelle. citeturn0search1
Pipeline SIG : convertir GPX → GeoJSON, puis analyser (GDAL)
# 1) Convertir un GPX en GeoJSON (ex: couche "tracks" ou "track_points")
ogr2ogr -f GeoJSON track_points.geojson trace.gpx track_points
# 2) (Optionnel) Reprojeter en projection métrique pour analyses de distance/pente
ogr2ogr -f GeoJSON track_points_l93.geojson track_points.geojson -t_srs EPSG:2154
# 3) Sur un DEM/MNT : calculer pente (en % ou degrés)
gdaldem slope mnt.tif slope_percent.tif -p
OGR lit/écrit le GPX (waypoints, routes, tracks) et précise les attributs pour les points de track (track_fid, seg_id, etc.). citeturn1search5
ogr2ogr est documenté comme outil de conversion vectoriel entre formats. citeturn1search9
gdaldem slope sort des pentes en % ou degrés, avec options d’algorithme et d’échelle. citeturn1search2
Les pièges invisibles
Lissage, seuils, et “D+ fantôme”
Si je compare des chiffres entre plateformes sans comprendre le traitement, je me trompe. Exemple concret : entity["company","Strava","activity tracking platform"] indique lisser l’altitude et appliquer un seuil sur des montées constantes (>10 m sans baro, >2 m avec baro) avant d’ajuster le dénivelé positif total. citeturn0search1
Altimètre barométrique vs altitude GPS : deux erreurs différentes
Pour la montagne, l’altitude barométrique est souvent plus “réactive” aux variations rapides, mais elle peut être affectée par la météo (pression), ce qui impose recalage/stratégies “fusion”. entity["company","Suunto","sports watch company"] explique notamment que l’altitude GPS est plus lente mais non affectée par les changements météo, et que la combinaison des deux améliore la fiabilité globale. citeturn2search12
Je garde aussi en tête que les dispositifs peuvent avoir des erreurs de mesure du D+ : une étude (Ammann et al., 2016) évalue la mesure du dénivelé par montres et discute les effets de facteurs comme le mouvement du bras sur l’estimation du gain d’altitude. citeturn2search13turn2search5
Erreurs de MNT (DEM) : résolution et précision comptent
Un profil altimétrique “DEM-corrigé” dépend du DEM choisi. En France, le RGE ALTI décrit un MNT à pas 1 m (et 5 m en version sous-échantillonnée). citeturn1search3turn1search15 À l’inverse, des DEM globaux comme SRTM annoncent des ordres de grandeur d’erreur verticale (par ex. ±16 m à 90% pour certaines spécifications). citeturn2search2turn2search6
Conséquence pratique : si je recalculer un profil sur un DEM “grossier”, je peux lisser des bosses, créer des micro-bosses, ou déplacer une pente clé. Ce n’est pas “faux”, c’est une précision différente.
Bruit GPS, fréquence d’échantillonnage, transitions
Trois pièges très fréquents quand on analyse une trace enregistrée : (1) le bruit GPS allonge légèrement la distance, surtout en épingles et sous couvert forestier, (2) un enregistrement à faible fréquence (points espacés) “moyenne” les pentes et masque les ruptures, (3) les transitions (replats, relances) coûtent beaucoup plus que leur distance ne le laisse croire. Un GPX ne porte pas un label “transition”, c’est à moi de le reconstruire via segmentation et sinuosité.
Pour obtenir un profil altimétrique le long d’une courbe, le service altimétrique IGN propose explicitement une route “profil le long d’une courbe” via API REST. citeturn5search2turn5search8
Construire une stratégie à partir du GPX
Mon principe : une “analyse GPX” n’est utile que si elle se termine par une liste de décisions. Sinon, c’est de la curiosité géographique.
[Diagramme interactif disponible dans la version web]
Pacing : du GPX au plan d’allure
Je pars des segments : montée/roulant/descente. Je mets des attentes réalistes par zone et j’ajoute une marge sur les descentes techniques (où la pente seule ne suffit pas). Pour estimer des temps, je combine souvent une méthode prudente (type Naismith/Tobler) et une méthode calibrée. Naismith (règle simple) est bien documentée en formulation métrique (1 h/5 km + 1 h/600 m D+). citeturn0search1
Nutrition : planifier au temps, pas au kilomètre
Dès que mon estimation dépasse ~2h30–3h, je raisonne “à l’heure” (et je teste). Des ressources françaises (INSEP) citent typiquement des apports glucidiques de 30–60 g/h (et jusqu’à 90 g/h sur efforts longs, avec plusieurs sucres et entraînement digestif). citeturn0search6 Pour une synthèse scientifique sur l’ingestion de glucides pendant l’exercice (et les limites d’absorption), la revue de Jeukendrup est une base solide. citeturn0search0turn0search6
Matériel et reconnaissance : ce que le GPX ne dit pas
Le GPX ne dit pas l’adhérence, les dalles mouillées, la boue, la visibilité réelle, ni la densité de racines. Pour combler, j’utilise : (1) tags OSM (surface, type de voie) comme indice, citeturn5search3turn5search4 (2) photos/vidéos de sections clés, (3) reconnaissance partielle (même 30–60 min sur la descente clé changent le plan).
Checklist pratique (à copier-coller)
| Étape | Action | Sortie attendue |
|---|---|---|
| Trace | Vérifier trous, segments, départ/arrivée, points aberrants | GPX “propre” |
| Altitude | Comparer altitude GPX vs DEM/MNT (IGN si possible) | Profil crédible (ou choix assumé) |
| Métriques | Distance, D+/D-, pente fenêtrée, distribution des pentes | Tableau pentes + histogrammes |
| Segmentation | Segmenter par pente/terrain/sinuosité + points clés (ravitos) | Liste segments + temps estimés |
| Pièges | Marquer descentes, transitions, zones exposées | Zones à risque + marges |
| Stratégie | Plan pacing + nutrition/hydratation + matériel + plan B | Fiche course (simple) + fiche assistance |
| Test | Sortie “répétition” : pacing + nutrition (tolérance) | Ajustements + “plan final” |
Pour extraire un profil altimétrique (altitude de points + profil le long d’une courbe), l’IGN documente son service altimétrique via API REST. citeturn5search2turn4search14
Conclusion et CTA
Si je devais résumer : un GPX est un début, pas une vérité. La bonne analyse “analyser gpx trail” consiste à fiabiliser le profil altimétrique (ou assumer ses limites), segmenter intelligemment, et convertir les résultats en décisions (pacing, nutrition, matériel, marges).
CTA - analyser son GPX avec Altitracks : sur son site, Altitracks indique permettre d’importer un GPX et d’obtenir un “roadbook” (temps de passage, nutrition, alertes, stratégie) calibré sur le profil Strava. citeturn4search0turn4search1
Altitracks mentionne aussi estimer la technicité depuis le GPX (micro-variations d’altitude, sinuosité, variance de pente), mais les détails d’implémentation (équations, calibration, incertitudes) sont non spécifié dans les éléments publics que j’ai pu consulter. citeturn4search2
Références
- Spécification GPX 1.1 - entity["organization","Topografix","gpx format publisher"] : structure (metadata, waypoints, routes, tracks) et extensions. citeturn0search0turn4search19
- Altitude et lissage - entity["company","Strava","activity tracking platform"] : seuils (10 m sans baro, 2 m avec baro) avant ajustement du D+. citeturn0search1
- Export GPX d’activités - Strava support (télécharger un itinéraire en GPX à partir d’activités). citeturn4search13
- Lecture/écriture GPX via GDAL : driver GPX (WGS84/EPSG:4326, attributs track points) + outil ogr2ogr. citeturn1search5turn1search9
- Calcul de pente raster : gdaldem slope (pente en degrés ou %), et documentation FR QGIS sur le calcul de pente à partir d’un MNT. citeturn1search2turn5search14
- MNT France : RGE ALTI (MNT 1 m et 5 m) - entity["organization","Institut national de l'information géographique et forestière","french mapping agency"] (pages de description). citeturn1search3turn1search15turn1search19
- Service altimétrique : IGN Géoplateforme (altitude de points + profil altimétrique le long d’une courbe, API REST). citeturn5search2turn5search19turn4search14
- DEM global : spécification de précision verticale SRTM (ex. ±16 m à 90% pour certains produits). citeturn2search2turn2search6
- Altitude montre : différences GPS vs barométrique (explication officielle Suunto) et évaluation de la mesure du dénivelé sur montres (PMC). citeturn2search12turn2search13
- Rugosité : Terrain Ruggedness Index (Riley et al., 1999) - PDF de référence (OSGeo/QGIS docs). citeturn2search3
- Tags “surface” et “highway=path” : OpenStreetMap Wiki (FR) - utiles pour des proxies de revêtement. citeturn5search3turn5search4turn5search0
- Parsing Python : gpxpy (README) pour lire/manipuler des GPX en Python. citeturn1search0
- Altitracks (CTA) : promesse “roadbook” (temps de passage, nutrition, alertes, stratégie) et technicité estimée depuis GPX - éléments publics. citeturn4search0turn4search2turn4search1
- Nutrition en endurance (FR) : INSEP - repères 30–60 g/h, jusqu’à 90 g/h sur efforts longs avec plusieurs sucres. citeturn0search6
Note : si votre CMS bloque le JavaScript externe, pré-rendez les diagrammes Mermaid (SVG/PNG) lors du build, ou utilisez une intégration Mermaid locale.